Mais c'est à toi que je pense. (Gary A. BRAUNBECK)

Publié le par Les bonheurs de Sophie

Mais c'est à toi que je pense

 

 

Pour Thomas, Arnold, Rebecca et Christopher, c'est la fin du supplice. Ils viennent d'échapper à leur tortionnaire, un tueur en série pédophile qui les séquestrait depuis des années. Mais une nouvelle épreuve les attend: et si on les avait oubliés? et si on ne les aimait plus? Horriblement défigurés et mutilés, ils ont besoin d'un adulte pour les ramener à leurs parents, que certains n'ont pas vus depuis dix ans... et ils ont choisi Mark.

 

Alors qu'il voyage pour régler une histoire d'héritage, Mark est "pris en otage" par quatre enfants sur une aire d'autoroute. Ces enfants sont maquillés pour tenter de cacher un visage terriblement mutilé tout comme certaines parties de leur corps; Thomas, Arnold, Rebecca et Christopher viennent de s'échapper de la maison du monstre qui les a torturés et séquestrés durant une grande partie de leur enfance. Ils veulent retrouver leur famille et ont décidé que Mark servirait de trait d'union entre eux et ceux qui les attendent depuis des années sans savoir s'ils sont toujours vivants ou non.

 

C'est complètement sonnée et triste que je referme ce livre bouleversant. Ces enfants ont subi des violences et des tortures inimaginables. Ils font preuve d'un grand courage, veulent aller de l'avant même s'ils ne pourront jamais oublier et à aucun moment ils ne s'apitoient sur leur sort. Ils redoutent d'avoir été oubliés par leur famille et ont juste besoin qu'on les aime. Mention spéciale au personnage de Christopher qui m'a beaucoup émue. Mark quant à lui est un être humain parmi tant d'autres et c'est justement son humanité qui est mise en avant dans ce roman. Le tortionnaire, également tueur sans pitié est un grand malade au visage banal et au sang froid étonnant qui le rendent plus effrayant encore, si cela est possible.

Ce livre est beau, cruel, horrible et sensible à la fois. L'auteur met parfois le lecteur en position de voyeur et l'amène à s'interroger sur ses réactions ou ses actes s'il se retrouvait dans la position de Mark.

Un bien beau livre, sans concession aucune et réellement éprouvant.

 

L'excellente critique de MIC.

Publié dans La vache qui lit

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callophrys 12/05/2010 23:55


c'est ce qui fait l'interet d ce genre de livre....que ferait on,face à ce genre d'horreur? et qu'est ce qui fait que certains individus sont capables de resilience et d'autres pas.


Les bonheurs de Sophie 13/05/2010 09:53



Tout à fait Callophrys ! et il est bien difficile de s'imaginer confronté à de telles horreurs car la raison et le self control doivent être mis à rude
épreuve.



Lionel 10/05/2010 20:39


Si vous avez aimé découvrir Braunbeck, je ne saurais que vous conseillé un des ses nouvelles "Le roi des billes" dans l'anthologie "Traverses". Ce livre est plus facilement dénichable dans les
librairies d'occas.
Ce texte m'a rendu fan de cet auteur (Je dois avoir quasiment tous ses livres en vo et désormais le seul VF)
Ce texte, le roi des billes, est une superbe nouvelle sur le handicap, la cruauté des enfants, mais aussi la générosité et la tolérance.
Sinon l'association Catharsis, dont je fais partie, a publié un recueil de nouvelles "Les allées de cocagne"
Vous l'aurez compris : il faut lire Braunbeck et ainsi on verra d'autres de ses oeuvres publiées en France. :)


Les bonheurs de Sophie 10/05/2010 20:55



Ah merci pour l'info Lionel ! je vais essayer de trouver "traverses". Je vais aller faire un tour sur le site de Catharsis. A bientôt



Mic 10/05/2010 09:24


Bonjour Sophie,

As-tu remarqué comment les enfants choisissent de revenir dans leur famille respective, afin de traumatiser le moins possible leurs parents? Comme toi, je trouve le personnage de Christopher
déchirant car il est perdu, après dix ans d'enfer, on ne revient plus chez les vivants ... Quant à Mark, il sait écouter, comprendre et surtout quelle abnégation et de don de soi, vis à vis de ces
enfants : il se donne entièrement. Content de voir que tu as aimé le livre, comme toi j'ai beaucoup souffert, en le lisant.
Hier, je me suis arrêté dans une supérette et j'ai vu collé sur le côté du magasin une affiche avec des photos d'enfants disparus et je n'ai pas pû m'empêcher de penser à l'histoire de Gary
Braunbeck, comment des hommes peuvent-ils tomber aussi bas!
Allez, je te souhaite une bonne semaine et un grand merci pour le petit encart à la fin de ton billet, tu n'aurais pas dû Sophie, je te remercie beaucoup! A plus tard, MIC.


Les bonheurs de Sophie 10/05/2010 18:34



Je suis entièrement d'accord avec toi MIC. J'ai essayé de ne pas trop en dire dans mon billet mais oui le retour de ces enfants dans leur famille est très émouvant.
Ce livre m'a vraiment marquée de par son thème, son réalisme et son style. C'est assez rare que je sois perturbée comme je l'ai été à sa lecture. Je comprends ce que tu as pu ressentir à la vue
de l'affiche d'une disparition d'enfants.


Merci beaucoup pour ce moment de partage littéraire et à bientôt MIC !



nodreytiti 10/05/2010 08:10


Merci pour ton avis. J'avais déjà très envie de le lire et ça accentue encore plus la chose! Vivement que je le lise!


DeL 10/05/2010 00:11


Repéré sur le net, il me tente beaucoup surtout après ton avis !