La valse des gueules cassées. (Guillaume PREVOST)
Exsangue au lendemain de la Grande Guerre, La France n'en finit pas de panser ses plaies. Tandis
que Clémenceau prépare le Traité de Versailles, le jeune enquêteur François-Claudius Simon intègre
le fameux Quai des Orfèvres. Sa première affaire : un cadavre défiguré découvert dans un hangar de
la gare Montparnasse. Bientôt, les meurtres se succèdent. Suivant le même rituel macabre, l'assassin
transforme en gueules cassées ses victimes, tous d'anciens soldats. Pourquoi cet acharnement ?
Pourquoi l'horreur après l'horreur ? Au fil de son enquête, François-Claudius perdra quelques illusions, découvrant qu'il peut être dangereux de se frotter à sa hiérarchie quand le cynisme politique utilise sans vergogne la souffrance des poilus, ses frères de combat...
François-Claudius Simon est un ancien soldat, cultivé et sérieux, il a décidé d'intégrer la police au lendemain de la guerre. Seulement ce "bleu" va devoir faire ses preuves et pour ce faire, il va être dépêché d'emblée sur une grosse affaire: arrêter celui qui tue et qui s'acharne à transformer ses victimes en gueules cassées. Qui est-il et quel est son mobile ? François va tenter de le découvrir.
Un personnage intéressant ce François-Claudius. Persuadé que sa mère qui l'a abandonné lui a donné ce prénom étrange pour lui compliquer la vie, il est revenu de la guerre amoché comme beaucoup de soldats. Il traîne une vilaine blessure qui lui occasionne des migraines épouvantables, il ne se souvient plus des circonstances dans lesquelles c'est arrivé et son meilleur ami y est resté. Malgré cela François ne s'apitoie pas sur son sort et il est bien décidé à mener une vie normale et réussir à briller dans son nouveau métier. Il est courageux, pugnace, intelligent et très attachant. Le peu d'amis qu'il a sont simples et généreux, à son image.
Le contexte de cette enquête est intéressant car peu présent dans les polars: l'après-guerre 14-18 encore très présente dans les esprits et dans les chairs. Ces hommes aux gueules cassées ne seront plus jamais les mêmes et vont devoir réapprendre à vivre en portant les stigmates de leurs souffrances. Les débuts de la police scientifique et des autopsies et le contexte politique rendent l'intrigue prenante et instructive. L'affaire Landru y est également évoquée à plusieurs reprises et une citation du meurtrier aidera d'ailleurs François à y voir plus clair...
Un gros coup de coeur pour ce polar que j'ai dévoré
J'ai maintenant hâte de retrouver François, Elsa, Mégot, Lefourche et Mado dans Le bal de l'équarisseur, deuxième enquête de ce "bleu" si attachant.