Un bûcher sous la neige. (Susan FLETCHER)
Au coeur de l'Ecosse du XVIIè siècle, Corrag, jeune fille accusée de sorcellerie, attend le bûcher. Dans le clair-obscur d'une prison putride, le Révérend Charles Leslie, venu d'Irlande espionner l'ennemi, l'interroge sur les massacres dont elle a été témoin. Mais depuis sa geôle, la voix de Corrag s'élève au-dessus des légendes de sorcières, par delà les haillons et sa tignasse sauvage. Peu à peu la créature maudite s'efface; du coin de sa cellule émane une lumière, une sorte de grâce pure. Et lorsque le révérent retourne à sa table de travail, les lettres qu'il brûle d'écrire sont pour sa femme Jane, non pour son roi. Chaque soir, ce récit continue, Charles suit Corrag à travers les Highlands enneigés, sous les cascades où elle lave sa peau poussiéreuse des heures de chevauchée solitaire. Chaque soir, à travers ses lettres, il se rapproche de Corrag, la comprend, la regarde enfin et voit que son péché est son innocence et le bûcher qui l'attend le supplice d'un agneau.
Corrag est une jeune fille accusée de sorcellerie, une putain, une gueuse, comme disent ses bourreaux. Elle a vu mourir sa grand-mère puis sa mère, éxécutées pour la même accusation. Corrag attend son heure, condamnée au bûcher, et elle va raconter sa vie au révérend Leslie venu en quête d'informations pour rendre compte au roi du massacre de Glencoe dont la jeune fille a été témoin.
Sa mère lui avait fait promettre de ne jamais aimer, car cela fait souffrir. Pourtant Corrag va aimer, éperduement. La nature, les animaux, un homme...
Ce livre est avant tout un beau portrait de femme, courageuse et altruiste, sans une once de méchanceté, démon aux yeux des hommes alors que son seul tort est de savoir guérir par les plantes. Corrag n'a rien, vit dans une cabane de tourbe avec des chèvres et des poules mais sa véritable richesse est ailleurs. Elle sait soigner, donner, s'émerveiller sur la beauté d'un cerf ou d'un coucher de soleil.
L'écriture de Susan Fletcher est belle et poétique. J'ai eu le sentiment d'être réellement au coeur des Highlands, de ressentir le froid ou de respirer l'odeur de la tourbe. On craint pour Corrag, résignée mais jamais larmoyante, accrochée aux souvenirs de sa vie au contact de la nature.On assiste au travers des lettres qu'il envoie à son épouse, à l'évolution des sentiments de cet homme d'église, qui comme les autres a haï Corrag avant de la voir ou de savoir qui elle était vraiment.
Un hymne à la vie, à la nature et aux petites mais belles choses qui nous entourent. J'ai cependant trouvé l'ensemble un peu lent et souvent bavard.
J'ai partagé cette lecture avec Canel, (avec beaucoup de plaisir et d'apartés comme toujours), Zarline et DeL.
Les avis de Sophie, Joelle, Clara et Aproposdelivres.