De deux choses l'une. (Christine DEPREZ)
« Il a fait tellement chaud, cet été-là, cet été où... On a beau se dire qu'on va se laisser couler, ça ne sert à rien, on sait bien qu'au dernier moment, on poussera du pied pour remonter, pour respirer... Pétrifiée par mon propre regard, pétrifiée d'avoir traversé le miroir, d'être passée de l'autre côté, celui où l'on n'est plus jamais une petite fille, c'est comme ça qu'on les attrape, les méduses, en leur présentant leur propre reflet. Blessée par un éclat du miroir ; ça ne se traverse pas impunément, sauf quand on s'appelle Alice, désolée, moi, c'est Jeanne. Petite sirène qui, de douleur, en perd la parole, condamnée au mutisme. Les mots enfoncés au fond de la gorge. Ne dis rien à personne, tais-toi. Personne ne te croira. Dans le vert paradis des amours enfantines un leurre se cache un terrible secret. Si terrible que Jeanne ne pourra, ne saura l'affronter seule. Jouant avec maestria de l'art de la fiction et du suspense, Christine Détrez tisse sa toile et nous entraîne dans un univers à la fois trouble et lumineux que nous ne sommes pas près d'oublier une fois le livre refermé. »
Jeanne est une enfant seule, mal dans sa peau, jusqu'au jour où elle rencontre Jeanne, qui, même si elle ne lui ressemble pas physiquement, est son double, son alter ego. Elles vont alors tout partager et grandir ensemble. Jusqu'au jour où Jeanne va être enceinte et l'amitié va se transformer en jalousie voire en haine.
Difficile de parler de cette histoire sans trop en dire...
Ce livre est étrange. Il commence comme ce qui aurait pu être une ode à l'amitié et très vite on sent que ça va basculer du côté obscur. On se pose beaucoup de questions et on n'aura pas forcément toutes les réponses. Les chapitres sont ponctués de petites comptines enfantines qui dénotent avec l'angoisse qui s'installe et renforcent la noirceur de l'histoire. Les mots sont beaux, on côtoie des libellules, des papillons et des araignées, images poétiques omniprésentes, et la fin, que j'avais plus ou moins envisagée, tombe comme un couperet. On a alors envie de rembobiner le film pour mieux appréhender cette tragédie et traquer les indices qui nous auraient échappés.
Un livre particulier et angoissant, je l'ai dévoré d'une traite, j'ai parfois été déroutée mais j'ai beaucoup aimé.
Canel et Lasardine ont apprécié.
Accrobiblio (que je remercie pour l'envoi), Clara et Alex l'ont lu et plus ou moins aimé.
Pascale l'a trouvé sublime, un grand merci à elle de m'avoir permis de découvrir cette histoire.
