Le requiem des abysses. (Maxilme CHATTAM)
Pour oublier le criminel qui a terrorisé Paris lors de l’Exposition universelle de 1900 et se remettre de leurs aventures, l’écrivain Guy de Timée et Faustine, la belle catin, se sont réfugiés au château d’Elseneur dans le Vexin. Mais là, dans une ferme isolée, une famille est assassinée selon une mise en scène macabre, alors que l’ombre d’une créature étrange rode dans les champs environnants…
Guy, dans sa soif de comprendre le Mal, de le définir dans ses romans, replonge dans ses vieux démons, endossant à nouveau ce rôle de criminologue, qui le conduit peu à peu, comme un profiler avant la lettre, à dresser le portrait du monstre. Pendant ce temps, à Paris, les momies se réveillent, les médiums périssent étrangement et les rumeurs les plus folles se répandent dans les cercles occultes…
Nous retrouvons Guy et Faustine quelques mois après leurs aventures parisiennes quelque peu mouvementées (voir Leviatemps). Pour se remettre de leurs émotions, ils ont choisi la campagne, mais leur repos va être de courte durée car un monstre sanguinaire s'en prend à des familles entières. Guy va alors se lancer à corps perdu dans cette enquête, fasciné par le Mal et ses racines, et retrouver des connaissances qu'il pensait de ne plus jamais revoir.
Une fois de plus, Maxime Chattam met en scène le Mal dans toute sa splendeur ou plutôt dans toute son horreur. Rien ne nous est épargné et les âmes sensibles auront de la peine avec certains passages. Ce deuxième opus ayant pour enquêteur, Guy de Timée, écrivain torturé et obsédé par la noirceur de l'âme, est tout simplement captivant. J'ai avalé la première partie se passant à la campagne sans parvenir à poser le livre. J'y ai trouvé tout ce que j'aime chez Chattam, du suspense, de l'horreur, des fausses pistes et de nombreux personnages pas très nets. La deuxième partie est dans la continuité directe de Leviatemps et boucle l'histoire de Guy et Faustine de façon magistrale, l'ambiance parisienne fin du XXe siècle donnant une dimension supplémentaire à l'intrigue. On croit savoir, on souffle et ça repart de plus belle. Je me suis faite balader jusqu'à la toute fin et j'ai refermé le livre à regrets. Du grand, du très bon Chattam !
